Je vous jure, ce n’est pas de ma faute!

28 avril 2010

Les punaises attaquent
By Kaouther in Le Matin
Created 04/27/2010 – 22:28

Suisse
La punaise de lit était morte et enterrée. Enfin, on pensait qu’elle avait été exterminée. On avait tort. Le parasite refait surface en Suisse, comme récemment à Genève dans un immeuble propre en ordre. Il ne se passe plus une semaine sans que les spécialistes de la désinfection interviennent.

Tout commence à la fin du mois de janvier lorsque Mathilde* prend une tache sur son avant-bras pour un vilain eczéma. Elle réalise rapidement qu’elle a été, en fait, la proie d’une punaise de lit, assoiffée de sang frais et friande de chair tendre. Ni une ni deux, elle contacte une entreprise de désinfection qui vient illico dans son trois-pièces pour anéantir les indésirables. «Je pensais que l’affaire serait réglée. Sauf que le lendemain j’avais de nouvelles piqûres sur la nuque, suivies d’affreuses démangeaisons. Ce n’était que le début de mes ennuis.»

Chasse aux vampires
Les exterminateurs de «vampires» reviendront ainsi à plusieurs reprises avant d’arriver au bout de leur peine à coups de fumigations intensives. Entre-temps, la locataire change le matelas de son lit, faire refaire la peinture et le parquet de son appartement, histoire d’éliminer toutes les cachettes susceptibles d’accueillir les sales petites bêtes. Total des travaux: 4000 francs.

Mathilde apprend au passage que ses voisins du deuxième, troisième et cinquième étage subissent, eux aussi, l’invasion. Tous reçoivent la visite des professionnels en la matière dont les factures seront prises en charge par la régie. Aujourd’hui, Mathilde croise les doigts: «A moins qu’il ne reste des larves qui pourraient encore venir à maturité, je pense que c’est la fin du cauchemar. Je n’en dormais plus car ces punaises sont attirées par la chaleur humaine avec une préférence pour la température corporelle atteinte dans le sommeil. On m’avait par ailleurs dit qu’elles ne se déplaçaient pas. C’est faux. Lorsque j’ai déserté ma chambre à coucher pour ma chambre d’amis, elles n’ont pas manqué de m’accompagner jusque sous la couette. Au point, que j’ai demandé l’asile à une amie, le temps de rénover mon appart.»

Le récit de Mathilde n’étonne pas Jean-Philippe Gomez de Stop-Pigeon, spécialisé dans les nuisances animales à Genève: «Nous intervenons environ une fois par semaine alors qu’il y a encore deux ans, c’était rarissime. Il y a une augmentation nette depuis l’été dernier. Cela est sans doute dû au réchauffement climatique, mais aussi aux voyageurs qui ramènent des punaises de lit dans leurs bagages.»

Jusque dans les palaces
Jean-Luc Gattolliat, biologiste au Musée zoologique de Lausanne, confirme: «Il est vrai que l’on assiste à une recrudescence en milieu urbain de Zurich à Lausanne. Ces parasites prolifèrent à une vitesse vertigineuse et n’ont pas besoin d’être dans des coins insalubres pour se multiplier.»

L’invertébré ne profite donc nullement d’une hygiène dégoûtante pour s’épanouir. Il aime même la vie de palace où de riches touristes le transportent dans leur valise sans le savoir. Cet insecte est ainsi considéré comme «un envahisseur accidentel» qui peut s’agripper à n’importe qui, n’importe quand et n’importe où. Aussi, un propriétaire ne devrait pas traiter ses locataires d’immondes personnages.

Il est évident que la punaise de lit est de retour en Suisse. Faut-il s’en inquiéter? Peut-être bien que oui! Ainsi, à Montréal, cette infestation est devenue une affaire de santé publique qui a conduit les autorités de la ville à lancer une vaste opération de sensibilisation, intitulée: «Epinglons les punaises.»

* Nom connu de la rédaction

Ce qui met la puce à l’oreille…

1. La punaise, de couleur brun-rouge, est un insecte très laid dont la longueur (5 mm) dépasse tout juste la largeur (3 mm). Elle attaque ses victimes la nuit, durant leur sommeil.

2. Ses morsures laissent des plaques rouges irritantes et douloureuses qui durent plusieurs jours, mais elle n’est pas vecteur de maladie.

Une femelle adulte peut pondre 200 oeufs durant une vie, à un rythme de 3 à 4 par jour.

Des taches noires de sang coagulé sur les coins d’un matelas, derrière une tapisserie ou dans les lattes du plancher sont autant de signes de sa présence.

3. Inutile de vaporiser un insecticide sur la bête, elle résiste. Seul un exterminateur professionnel peut en avoir raison.

Plus on intervient vite, moins on risque d’assister à la multiplication de la punaise dans tous les recoins de sa maison.

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